Neuvaine de la Miséricorde Divine à partir de vendredi 10 avril (cliquer ici)

jeudi 9 avril 2020

Jeudi Saint : "Faites ceci en mémoire de moi"

LA CENE


La sainte Cène
Ce soir, chaque prêtre commencera la prière de la liturgie de la Cène en ces termes : « Tu nous appelles, Dieu notre Père, à célébrer la très Sainte Cène où ton Fils Unique, avant de se livrer lui-même à la mort, a voulu remettre à ton Eglise le sacrement de l’Alliance Nouvelle ; fais que nous recevions de ce repas qui est le sacrement de ton Amour, la charité et la vie, par Jésus le Christ notre Seigneur. » De son côté, l’Apôtre St Paul dans la deuxième lecture de ce Jeudi Saint : « Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne. »

A quatre jours de la marche forcée de Jésus qui va emprunter les chemins de la souffrance jusqu’à la mort sur la croix, et le troisième jour ressusciter, la prière d’ouverture et la lettre de St Paul annoncent bien la réalisation et la grandeur de cette dernière soirée que Jésus passe avec les Apôtres, et que l’Église revit pour le salut de tous les hommes. Pour nous, fidèles du Seigneur, confinés dans nos maisons, seul ou en famille, ce soir, c’est dans la foi que nous allons communier spirituellement au don de l’amour du Seigneur et de son salut.

Chaque prêtre, seul dans l’église de la paroisse, va vous associer à ce repas de la Cène dans le sacrement de l’Eucharistie, ce soir jeudi 9 Avril, et vous unir à la prière du Pape François et de tous les prêtres de Jésus-Christ dans le monde entier. Depuis 2000 ans, quel que soit son âge, chaque prêtre se retrouve à la table des Apôtres pour recevoir du Seigneur ce trésor de vie : « Prenez et mangez, ceci est mon corps, prenez et buvez, ceci est mon sang offert pour vous et pour le salut de tous les hommes Faites ceci en mémoire de Moi ».

Ce soir, chaque prêtre va faire monter vers Dieu une prière d’action de grâce pour avoir été choisi et avoir répondu à l’appel du Seigneur, malgré son indignité et ses faiblesses, et ainsi, tout au long de sa vie, le servir et lui permettre de continuer à illuminer de sa Bonne Nouvelle le cœur et la vie des hommes de notre monde. Ce soir, c’est la fête du Sacerdoce, la fête de tous les prêtres. Le prêtre est l’homme de l’Eucharistie. L’Eucharistie, c’est toute sa vie.

Vous qui communiez spirituellement, par les moyens de communication, au repas de la Cène, je vous invite à prier pour les prêtres qui ont marqué votre vie de chrétien, pour celui qui vous a baptisé, qui vous a éveillé durant les années de KT à la vie de croyant, qui a partagé des moments de joie et de peine dans votre famille. Le Pape François demande souvent de prier pour lui. Priez aussi pour les prêtres du Pays de Nay que le Seigneur a mis à votre service : Dominique, Marc, Louis-Léopold, Vianney, Sylvain, Habib, Joël  et moi-même. Nous vous portons dans nos prières. Que le Seigneur vous donne les prêtres dont vous avez besoin.

 
FordBrown ; 1852-56
« LE SACREMENT DU FRÈRE »

Au cours du repas de la Cène, Jésus va poser un geste symbolique fort, geste que nous rapporte l’Evangile de St Jean (13,1-16) : « Jésus se lève de table, quitte son vêtement et prend un linge qu’il noue à sa ceinture, puis versant de l’eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture… Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien que je le suis. Dès lors, si je vous ai lavés les pieds, moi le Seigneur et Maître, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné. Ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi ».

Ce soir du jeudi saint, c’est devant chacun de nous que le Seigneur s’agenouille pour nous témoigner son amour miséricordieux et pour nous inviter à nous mettre toujours davantage au service les uns des autres.

Aujourd’hui, beaucoup dans leurs lieux de soins, de travail et au sein des familles, sont plein d’attention, de tendresse, de son de soi, de dévouement, de compassion. Puissions-nous prendre davantage conscience que toute personne a du prix au yeux de Dieu et que chaque être humain est un frère.

Abbé André Cazenave
Presbytère de Bordes

Pour prier la neuvaine à la Divine Miséricorde : elle commence demain ! 

mercredi 8 avril 2020

"Voici l'homme" - 'Ecce homo'

"Ecce homo" : tableau d'Antonio Ciseri (1871)
Pilate s'adressant à la foule, déclare : "Voici l'homme"
Frères et sœurs, 

Nous voici dans la semaine sainte. Jésus est livré aux mains des hommes. Je voudrais partager avec vous une méditation sur la 6ème station du chemin de croix qui est à Bétharram. Elle est intitulée : VOICI L’HOMME, ECCE HOMO.  

Devant cette 6ème station du chemin de croix, on a simplement envie de garder silence pour que justement dans le silence nous puissions contempler sur la croix : « celui qu’ils ont transpercé... », et qu’aujourd’hui encore sans doute, nous continuions de transpercer. C’est bien dans ce mystère de la croix que le Père en Jésus, révèle pleinement son amour pour chacun, chacune de nous. 

Nous percevons avec quelle noblesse Jésus se soumet aux bons vouloirs de son Père, avec quelle dignité et quelle résolution il monte vers la croix ! Il connaît l’issue du drame. Ce ne sont pas les adversaires qui fixent les délais de la tragédie, mais lui-même et en pleine lucidité. Il ne lui advient que ce qu’il a décidé en filiale obéissance à son Père. « Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne ». S’il le voulait, son Père ne mettrait-il pas « aussitôt à sa disposition plus de douze légions d’anges » ?  Aussi, ravagé par la douleur, sali par la honte, couvert de l’humiliation la plus cuisante, il reste le Seigneur. Jusqu’au bout, il reste lui-même, le Maître de l’Evénement. Ecce homo ! voici l’homme ! Ecce Homo, c’est Pilate présentant Jésus de Nazareth sortant du prétoire, après la flagellation. Ecce Homo, c’est Jésus de Nazareth, debout, couronné d’épines et revêtu d'une cape. En effet, Pilate ne pouvait pas mieux dire. Dans le Christ, Dieu prend visage d’homme. Dans le Christ, homme libre, l’homme trouve son modèle et sa perfection.

Voilà Celui qui est offert à notre "contemplaction". Oui vous l’avez bien compris ! "Comtemplaction" ! Vous voudriez bien accepter ce néologisme. Il s’agit bien d’actionner, de mettre en pratique ce qu’on a contemplé. Ici à Bétharram, la sixième station nous dit l’homme, quand celui-ci est visage de Dieu. Il nous dit jusqu’où l’Amour, est capable d’aller : ce visage abîmé, cet innocent humilié, c’est aussi le visage de la tendresse de Dieu pour l’homme, pour l’homme aujourd’hui face à la pandémie du coronavirus. Ecce Homo, c’est finalement la grandeur de l’amour passionné de Dieu pour l’homme. Et là, nous comprenons en Jésus, ce qu’est l’homme quand il est visage de Dieu.

L’amour de Dieu en Jésus Christ est créateur de vie, même lorsque la maladie, la mort est au rendez-vous. Dans un cœur habité par le Christ, toutes les barrières qui sont mises à la capacité d’aimer, de donner, de pardonner, sont pulvérisées, parce que son amour a été plus fort que toutes les morts qui restreignent et détruisent la vie de l’homme, la mort que provoque le covid 19, la mort qu’est la violence, la mort qu’est l’injustice, la mort que sont l’exclusion, le mépris, la haine, la domination du fort sur le faible.

Alors que nous sommes en train de construire une société où il s’agit d’être toujours plus compétent, toujours plus performant, toujours plus "successfull"… le covid 19 conduit fatalement chacun d’entre nous à faire l’expérience de sa propre fragilité et de la fragilité de notre monde. Il nous fait prendre conscience de notre vulnérabilité. Il frappe tout homme sans distinction, des proches, des personnes que nous aimons. Nous sommes bien fragiles et c’est Dieu qui est fort. 

Chers frères et sœurs, entrons dans notre Semaine Sainte toute particulière cette année, en suivant Jésus à la trace, nous laissant entraîner derrière lui sur le chemin de la croix et de l’abandon. Il nous regarde et nous dit : « Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ses amis…je donne la mienne librement pour le salut de tous… ma vie, nul ne la prend mais c'est moi qui la donne… » C’est bien ce que font autour de nous tant d’hommes et de femmes du corps médical, personnel soignant. Ils donnent leur vie pour sauver d’autres vies. Ils ont compris, eux, que l’homme n’est pas un pur instrument. Ils ont compris, eux, qu’il y a, en l’homme, quelque chose de tellement unique, de tellement prodigieux et qu’il n’est pas un rat de laboratoire. Ils ont compris, eux, que le Règne de Dieu ne peut s’affirmer que dans le règne de l’homme. Il s’agit de l’homme, de chaque homme, de tout homme vivant sur cette planète…

Sachons ajuster notre amour à celui du Christ qui éclate en lumière au matin de Pâques.

P. Sylvain DANSOU, scj

mardi 7 avril 2020

L’après Judas et l’aujourd’hui de l’Église ?

Le baiser de Judas
Jean 13,21-33.36-38 : l'Evangile du jour est à lire sur le site AELF (ci-contre)

« Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera », c’est l’annonce solennelle de Jésus sur la trahison de l’un des douze, Judas.  En faisant précéder l’annonce par deux « Amen », le Christ donne à cet acte un rôle significatif dans l’accomplissement de sa mission salvifique. Le Pape Benoît XVI, lors de la catéchèse du 18 octobre 2006, s’interroge comme bon nombre de chrétiens : « Pourquoi a-t-il trahit Jésus ? » Une autre question peut encore se poser : pourquoi Dieu a-t-il permis que Judas soit le traître de son Maître ?

lundi 6 avril 2020

L'Evangile du Lundi saint (Jean 12,1-11)

Marie (de Béthanie) répand le parfum sur les pieds de Jésus.
Jn 12,1-11 : l'Evangile du jour est à lire sur le site AELF (ci-contre)

« Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? » Voilà une question bien légitime, que l’on entend encore de nos jours au sujet de l’Eglise et de ses richesses. Pourquoi donner toutes ces richesses à Dieu et pas aux pauvres ?

Si nous opposons Dieu et les pauvres, alors nous n’aurons jamais de réponse à cette question. Jésus nous a montré toute l’importance qu’il a accordée aux pauvres. Ils n’ont pas été exclus de sa prédication, de ses guérisons et de ses miracles. Les pauvres sont au centre de la prédication de Jésus, car ils sont au centre du cœur de Dieu. Et tous, nous avons des pauvretés, tous, nous sommes pauvres devant Dieu.

dimanche 5 avril 2020

Du dimanche des Rameaux à celui de Pâques

Le message du pape François, au soir du 3 avril 2020.


Avec le Dimanche des Rameaux, nous entrons dans la Semaine sainte. Elle correspond à la fin de la vie de Jésus qui est mort sur la croix en donnant sa vie pour nous, et qui est ressuscité, manifestant au matin de Pâques que la vie de Dieu est plus forte que la mort. Quel contraste dramatique entre les ‘Hosanna’ de l’entrée triomphale de Jésus dans la ville de Jérusalem et, quelques jours plus tard, les cris ‘A mort ! A mort !’ de la foule ! Avec le témoignage des Evangiles, il nous est donné de comprendre que Jésus a été conduit à la mort par le mensonge et la jalousie, la haine et la méfiance, l’enfermement dans les habitudes, la lâcheté et la peur… Jésus y a fait face et a enduré sa Passion dans la fidélité au Père. Sur son chemin de la Croix, Jésus a aimé, il a prié, il a pardonné. 

samedi 4 avril 2020

L'hymne Vexilla Regis (VIème siècle)

Chers amis,

Profitons de nos journées de confinement pour découvrir ou redécouvrir un trésor de la liturgie catholique, une prière qui pourra nous accompagner dans ces jours de la Passion. Il s’agit de l’hymne Vexilla Regis ('Les étendards du Roi'). Une hymne liturgique est un texte poétique chanté pendant les offices ou les messes, mais qui n’est pas tiré de la Bible. Beaucoup de ces hymnes ont été écrites dans les premiers siècles de l’Eglise par des évêques ou des moines. Elles sont des trésors non seulement par leur antiquité, mais aussi parce qu’elles sont de véritables témoins de la foi de toujours. Quand nous les chantons, nous nous connectons à l’Eglise des siècles et nous formons un seul cœur (un seul chœur !) avec les saints de tous les temps. Par leurs paroles et leurs mélodies intemporelles, elles façonnent notre foi et notre esprit catholiques.

vendredi 3 avril 2020

Chemin de Croix avec Saint Pio de Pietrelcina

Christ du couvent de St Padre Pio
duquel il reçu les stigmates
(San Giovanni Rotondo, Italie)
(Saint Padre Pio : frère mineur capucin, mort en 1968)

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen.

« Lorsque Jésus veut me faire comprendre qu’il m’aime, il me donne à goûter de sa Passion, les plaies, les angoisses... Je ne veux que Jésus seul, je ne désire rien d’autre (c’est aussi le désir de Jésus) que ses peines ».


Confions à l'intercession de St Padre Pio les personnes qui souffrent dans leur corps, les personnes en situation de pauvreté, les personnes rejetées, visages de Jésus aujourd’hui.

Au début de chaque station, nous disons : « Nous T’adorons, ô Christ, et nous te bénissons. R./ Parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix ».
Après chaque station, nous prions le Notre Père et nous disons : « Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts reposent dans la paix. Amen ».